Histoire de la Coupe Davis : le jour où le tennis est devenu un sport d’équipe
Le tennis possède une particularité presque paradoxale.
Pendant l’essentiel de la saison, les joueurs avancent seuls. Leur classement porte leur nom. Leurs victoires leur appartiennent. Leur adversaire est de l’autre côté du filet et, une fois le match terminé, chacun reprend sa route.
Puis arrive la Coupe Davis.
Le même joueur ne joue plus seulement pour lui-même. Il porte les couleurs d’un pays. Son adversaire habituel sur le circuit devient parfois son coéquipier. Le public ne soutient plus simplement un joueur, mais une équipe entière. Pendant des décennies, la nation qui reçoit a même pu choisir une surface spécialement destinée à gêner son adversaire.
Et certaines rencontres se sont jouées jusqu’au cinquième match, lorsque tout un week-end et parfois plusieurs mois de campagne reposaient soudain sur quelques heures de tennis.
Cette idée naît pourtant de façon presque artisanale.

En août 1900, les États-Unis accueillent les Îles britanniques sur les courts en gazon du Longwood Cricket Club, à Boston. Les Américains remportent les trois premiers matchs et s’assurent immédiatement la victoire.
Personne ne peut alors imaginer que cette confrontation deviendra l’une des plus anciennes compétitions internationales du tennis.
Encore moins qu’un simple trophée en argent acheté par un étudiant de Harvard finira par dépasser les cent kilos.
Et probablement personne ne se doute que cette compétition sera, vingt-huit ans plus tard, directement liée à la naissance du stade Roland-Garros.
L’histoire de la Coupe Davis n’est donc pas simplement celle d’un trophée.
C’est celle du moment où un sport profondément individuel a découvert ce que signifiait jouer pour une équipe.
La Coupe Davis en bref
Création : 1900
Première rencontre : États-Unis – Îles britanniques
Lieu : Longwood Cricket Club, Boston
Nom d’origine : International Lawn Tennis Challenge
Trophée : le célèbre « Saladier d’argent »
Nation la plus titrée : États-Unis, 32 titres
Deuxième : Australie, 28 titres
France : 10 titres
Record individuel de victoires : Nicola Pietrangeli, 120
Record de victoires en double : Leander Paes, 45
Format actuel : qualifications domicile/extérieur puis Final 8
En 2025, 157 nations ont participé à la Coupe Davis. Son organisation la présente aujourd’hui comme la plus grande compétition internationale annuelle par équipes du sport.
Quatre étudiants de Harvard et une idée internationale
L’idée apparaît en 1899, au sein de l’équipe de tennis de l’université Harvard.

Quatre étudiants veulent organiser une confrontation entre les meilleurs joueurs américains et britanniques.
Parmi eux se trouve Dwight Filley Davis.
Davis ne peut donc pas être considéré comme l’unique inventeur de la compétition. Son rôle devient néanmoins déterminant : il contribue à mettre en forme le projet et finance lui-même le trophée destiné au vainqueur.
Les deux fédérations acceptent.
La première rencontre est organisée l’année suivante au Longwood Cricket Club.
Les États-Unis prennent une avance définitive de 3-0, et Dwight Davis fait lui-même partie de l’équipe victorieuse.
À cette époque, le nom « Coupe Davis » n’existe pas encore officiellement.
La compétition s’appelle :
International Lawn Tennis Challenge.
Mais le trophée offert par Davis devient rapidement si étroitement associé à l’épreuve que son nom finit par s’imposer.
Le Saladier d’argent : un trophée qui a grandi avec son histoire
À l’origine, la Coupe Davis est littéralement… un bol.

Le trophée est conçu par William Durgin et façonné par Rowland Rhodes. Il est réalisé en argent sterling, avec un intérieur doré.
Les noms des premiers champions, de 1900 à 1919, sont directement gravés sur le bol.
Mais un problème apparaît rapidement : il n’y a plus assez de place.
En 1921, un grand plateau en argent est ajouté pour accueillir les vainqueurs suivants.
Puis viennent progressivement plusieurs socles en acajou, sur lesquels de nouveaux noms peuvent être inscrits.
Le trophée grandit donc physiquement à mesure que son histoire s’allonge.
De deux nations à une compétition mondiale
En 1900, deux équipes seulement sont concernées.

Très vite, d’autres pays veulent participer.
La France entre dans la compétition en 1904.
L’Australasie, formation commune regroupant alors Australiens et Néo-Zélandais, rejoint à son tour l’épreuve.
Dans les années 1920, plus de vingt nations y prennent régulièrement part.
Ce qui avait commencé comme un duel transatlantique imaginé par quelques étudiants devient progressivement une véritable compétition internationale.
Pendant longtemps, pourtant, son fonctionnement reste très éloigné de celui que nous connaissons aujourd’hui.
Le Challenge Round : quand le champion attendait directement en finale
Durant une grande partie de l’histoire de la Coupe Davis, le tenant du titre bénéficie d’un avantage considérable.
Il ne recommence pas toute la compétition l’année suivante.
Les autres nations s’affrontent entre elles afin de déterminer un challenger.
Celui-ci gagne alors le droit d’affronter directement le champion lors d’une ultime rencontre :
le Challenge Round.
Le détenteur du trophée attend donc son adversaire en finale.
Ce système explique en partie les longues dynasties qui marquent les premières décennies.
Les États-Unis remportent par exemple sept éditions consécutives entre 1920 et 1926.
Puis une génération française va mettre brutalement fin à cette domination.
Le Challenge Round ne disparaîtra qu’en 1972. À partir de cette date, le champion sortant doit lui aussi rejouer les tours précédents pour atteindre la finale.
Comparer les séries de titres obtenues à différentes périodes exige donc une certaine prudence : les conditions de défense du trophée ont profondément évolué au cours de l’histoire.
1927 : quatre Français renversent l’ordre établi
Pendant les premières décennies, trois puissances dominent principalement la compétition :
États-Unis, Grande-Bretagne et Australasie puis Australie.
Puis arrive une génération française exceptionnelle.
Jean Borotra.Jacques Brugnon.Henri Cochet.René Lacoste.
Ils entreront dans l’histoire sous un surnom devenu indissociable du tennis français :

Les Mousquetaires
En 1927, la France se rend aux États-Unis pour disputer le Challenge Round.
À Philadelphie, les Français battent les Américains.
Pour la première fois, la Coupe Davis appartient à la France.
Ce succès ne constitue pas seulement le début d’une immense série sportive.
Il va modifier physiquement le paysage du tennis français.
Une victoire en Coupe Davis à l’origine de Roland-Garros
Avec le système du Challenge Round, la France devenue championne doit accueillir la finale suivante.
Mais Paris ne possède pas encore de stade de tennis capable d’accueillir une rencontre d’une telle ampleur.
Il faut donc construire rapidement.

Le Stade Français et le Racing Club de France participent à la création d’une nouvelle enceinte, Porte d’Auteuil.
Le stade ouvre en 1928. Son nom ? Roland-Garros
Non pas en hommage à un joueur de tennis, mais à l’aviateur français Roland Garros.
Émile Lesieur, président du Stade Français, avait posé une condition à la mise à disposition du terrain : le nouveau stade devait porter le nom de son ancien camarade de HEC et ami, disparu pendant la Première Guerre mondiale.

La France y défend victorieusement sa Coupe Davis face aux États-Unis.
Les Mousquetaires vont finalement remporter six titres consécutifs de 1927 à 1932.
La relation entre les deux histoires est donc directe :
le stade Roland-Garros a été construit parce que la France devait accueillir la finale de Coupe Davis 1928.

L’Australie et l’âge d’or de Harry Hopman
Après la période française, l’Australie retrouve progressivement une position dominante.
Cette histoire est notamment liée à un homme : Harry Hopman.
Comme capitaine, Hopman remporte 16 Coupes Davis.
Sous sa direction passent certaines des plus grandes figures du tennis australien : John Bromwich, Adrian Quist, Lew Hoad, Neale Fraser, Roy Emerson, Rod Laver et plusieurs autres champions d’une exceptionnelle génération.

Roy Emerson possède de son côté le record du nombre de titres remportés comme joueur :
8 Coupes Davis.
L’Australie totalise aujourd’hui 28 titres, deuxième total de l’histoire derrière les 32 couronnes américaines.
Pendant plusieurs décennies, la Coupe Davis n’est pas un simple complément au calendrier de ces champions.
Elle constitue l’un de leurs grands objectifs.
1972 : la fin d’un privilège presque centenaire
La suppression du Challenge Round en 1972 transforme profondément la compétition.
Désormais, le champion n’attend plus directement son challenger en finale.
Il doit, lui aussi, gagner sa place.
Cette réforme favorise progressivement une plus grande diversité au palmarès.
Et deux ans plus tard, une nouvelle nation va justement apparaître parmi les vainqueurs.
Dans des circonstances tout à fait extraordinaires.
1974 : la finale qui n’a jamais été jouée
L’année 1974 constitue l’un des épisodes les plus singuliers de l’histoire de la Coupe Davis.
L’Afrique du Sud doit rencontrer l’Inde en finale.
Mais l’Inde refuse de disputer la rencontre en raison de la politique d’apartheid menée par le régime sud-africain.
Aucun match n’a lieu.
La Coupe Davis est attribuée à l’Afrique du Sud par forfait.
Dans le palmarès officiel, la finale 1974 apparaît encore aujourd’hui avec la mention «Walkover».
Cet épisode rappelle une dimension particulière de la Coupe Davis :
parce qu’elle oppose des nations, son histoire s’est parfois retrouvée directement confrontée à celle de la diplomatie et de la politique internationale.
1981 : la Coupe Davis se structure en World Group
Une nouvelle étape arrive en 1981 avec l’apparition du World Group.
Les meilleures nations évoluent désormais dans une véritable élite mondiale, tandis que les autres équipes sont réparties dans différentes zones avec un système de montées et de descentes.
Cette organisation rapproche la Coupe Davis du modèle international qu’elle conservera pendant plusieurs décennies.
La mondialisation de la compétition continue ensuite de s’accélérer.
En 1993, la Coupe Davis accueille pour la première fois 100 nations.
Un siècle auparavant, l’idée reposait sur une seule confrontation entre Américains et Britanniques.
Le changement d’échelle est considérable.
Recevoir pour gagner : quand la surface devient une arme
Pendant des décennies, l’une des particularités les plus fascinantes de la Coupe Davis repose sur son système domicile / extérieur.
Recevoir ne signifie pas simplement jouer devant son public.
La nation hôte peut aussi choisir ses conditions.
Surface lente.
Dur rapide.
Terre battue installée temporairement à l’intérieur d’une arena.
Gazon.
Altitude.
Type de balles.
Ambiance extrêmement proche du court.
La bataille commence parfois avant même le premier échange.
Moscou 1995 : la terre battue contre Pete Sampras
Pour la finale 1995, la Russie accueille les États-Unis à Moscou.
Une terre battue indoor est installée, terrain nettement moins naturel pour Pete Sampras que les surfaces rapides sur lesquelles il domine alors le tennis mondial.
L’Américain va pourtant produire l’un des week-ends les plus remarquables de l’histoire moderne de la compétition.
Premier jour : il bat Andrei Chesnokov en cinq sets.
À la fin du match, épuisé et victime de crampes, il s’effondre sur le court.
Le lendemain, il revient.
Avec Todd Martin, il remporte le double.
Puis, le dimanche, il bat Yevgeny Kafelnikov en trois sets.
Trois points américains.
Les États-Unis gagnent la finale 3-2.
Ce week-end résume une caractéristique de l’ancienne Coupe Davis : un même joueur pouvait être appelé à porter presque entièrement son équipe pendant trois jours.
Séville 2004 : 27 000 Espagnols et un adolescent nommé Nadal
En 2004, l’Espagne reçoit les États-Unis dans le stade olympique de Séville.
Une immense terre battue est installée au milieu de l’enceinte.
Le public dépasse les 27 000 spectateurs.
Parmi les Espagnols figure un joueur âgé de seulement 18 ans : Rafael Nadal.
Face à Andy Roddick, alors parmi les meilleurs joueurs du monde, Nadal remporte un simple spectaculaire.
L’Espagne finira par s’imposer 3-2 et remporter la Coupe Davis.

Le monde du tennis connaît déjà le jeune Majorquin.
Mais cette soirée sévillane contribue à donner la mesure de ce qui est en train d’apparaître.
Lille 2014 : la France prépare la terre, Federer termine l’histoire
Dix ans plus tard, la France reçoit la Suisse au stade Pierre-Mauroy de Lille.
Une terre battue temporaire est installée dans cette immense enceinte.
La finale établit un record : 27 448 spectateurs assistent à l’une des journées de compétition, soit la plus grande affluence officiellement recensée pour un match de tennis.
La Suisse possède alors deux joueurs capables de transformer une rencontre :
Roger Federer et Stan Wawrinka.
Federer, gêné par son dos, perd son premier simple contre Gaël Monfils.
Mais la Suisse remporte le double.

Puis Federer bat Richard Gasquet le dimanche.
La Suisse gagne 3-1 et décroche la première Coupe Davis de son histoire.
Lorsque la balle de match se termine, Federer tombe sur la terre battue.
Une nouvelle nation vient d’inscrire son nom sur le Saladier d’argent.
Les héros d’un week-end
La Coupe Davis a créé une forme de héros assez particulière.
Pas nécessairement celui qui domine toute une saison.
Parfois celui qui répond présent exactement lorsque son pays a besoin de lui.
2010 : Viktor Troicki offre son premier titre à la Serbie
À Belgrade, la France mène la Serbie 2-1 après le double.
Novak Djokovic bat Gaël Monfils et remet les deux équipes à égalité.
Tout repose alors sur le cinquième match :
Viktor Troicki – Michaël Llodra.
Troicki livre l’un des grands matchs de sa carrière et gagne en trois sets.

La Serbie remporte sa première Coupe Davis.
Quelques minutes plus tard, joueurs et membres du staff serbe se rasent la tête sur le court, respectant une promesse faite avant la finale.
La Coupe Davis possède aussi cette capacité-là : faire entrer dans la mémoire collective un joueur dont le nom n’aurait peut-être jamais occupé la même place dans un tournoi individuel.
2015 : Andy Murray porte la Grande-Bretagne
La Grande-Bretagne n’a plus remporté la Coupe Davis depuis 1936.
En 2015, Andy Murray devient le centre de toute sa campagne.
Il joue les simples.
Il joue aussi le double avec son frère Jamie.
En finale contre la Belgique à Gand, les frères Murray remportent le double et donnent à leur pays une avance de 2-1.
Andy Murray finit ensuite le travail en simple.
Après 79 ans d’attente, la Grande-Bretagne remporte de nouveau la Coupe Davis.
2016 : l’Argentine gagne enfin
Avant 2016, l’Argentine a disputé quatre finales.
Elle les a toutes perdues.
Cette année-là, sa campagne présente une particularité extraordinaire :
toutes ses rencontres sont disputées à l’extérieur.
En finale, à Zagreb, la Croatie mène 2-1.
Marin Čilić prend même deux sets d’avance contre Juan Martín del Potro.
L’Argentin renverse le match et gagne en cinq manches.
Tout repose alors sur Federico Delbonis.
Face à Ivo Karlović, il remporte le cinquième match en trois sets.
Pour la première fois de son histoire : l’Argentine gagne la Coupe Davis.

La France et la Coupe Davis : deux grandes époques séparées par 59 ans
La France possède aujourd’hui 10 Coupes Davis, à égalité avec la Grande-Bretagne, loin derrière les États-Unis et l’Australie.
Mais ses dix titres racontent presque deux histoires différentes.
Les Mousquetaires 1927-1928-1929-1930-1931-1932
Puis : 59 années sans trophée.
Et enfin Lyon.
1991 : « La France a gagné »
La finale 1991 oppose la France aux États-Unis au Palais des Sports de Gerland, à Lyon.
L’équipe américaine possède notamment Andre Agassi et Pete Sampras.
La France s’appuie en particulier sur Henri Leconte et Guy Forget, avec Yannick Noah comme capitaine.
Leconte bat Sampras.
Leconte et Forget remportent le double.
Puis Guy Forget domine Sampras.
La France gagne 3-1.
59 ans après le dernier triomphe des Mousquetaires, le Saladier d’argent revient en France.
Pour toute une génération de supporters français, cette victoire devient indissociable de l’histoire de la compétition.

1996 : jusqu’à 10-8 dans le cinquième
Cinq ans plus tard, nouvelle finale.
Cette fois, la France se déplace en Suède.
Après quatre matchs : 2-2.
Le titre repose donc sur un 5ème simple entre Arnaud Boetsch et Nicklas Kulti.
Le match va jusqu’au cinquième set.
Boetsch finit par s’imposer : 10-8 dans la dernière manche.
La France remporte sa huitième Coupe Davis.

2001 : gagner chez l’Australie, sur gazon
En 2001, les Français doivent se déplacer à Melbourne.
L’Australie installe du gazon dans la Rod Laver Arena.
Encore une fois, la finale atteint le cinquième match.
Nicolas Escudé affronte Wayne Arthurs.
Le Français gagne.
Score final : Australie 2 – France 3
La neuvième Coupe Davis française vient d’être remportée à l’extérieur, sur une surface choisie par l’adversaire.
2017 : le dixième titre
Seize ans passent.

La France retrouve une finale, cette fois contre la Belgique au stade Pierre-Mauroy de Lille.
Après quatre matchs : 2-2.
Tout repose sur le dernier simple.
Lucas Pouille – Steve Darcis.
Pouille gagne en trois sets.
La France remporte sa dixième Coupe Davis.
Yannick Noah, déjà capitaine lors des succès de 1991 et 1996, obtient ainsi un troisième titre dans ce rôle.

Quelques records que seul plus d’un siècle de Coupe Davis peut produire
La longévité et l’ancien format de la compétition ont produit des statistiques parfois difficiles à imaginer aujourd’hui.

Nicola Pietrangeli
L’Italien détient toujours le record absolu :
120 victoires. Dont : 78 en simple.
Leander Paes
L’Indien détient le record du double : 45 victoires.
Pietrangeli / Sirola
La paire italienne a remporté : 34 matchs ensemble.
Marcos Baghdatis
Le Chypriote possède la plus longue série en simple : 36 victoires consécutives.
Rafael Nadal
L’Espagnol détient la meilleure série : 32 victoires consécutives en simple et en double.
Le match qui a duré 6 heures et 43 minutes
Mars 2015. Argentine – Brésil à Buenos Aires.

Leonardo Mayer et João Souza commencent un simple qui va progressivement sortir de toutes les normes habituelles.
Après deux tie-breaks remportés par Mayer, Souza revient.
Deux sets partout.
Le cinquième ne comporte alors aucun tie-break décisif.
Il faut donc continuer. Encore. Et encore.
Mayer finit par gagner : 7-6, 7-6, 5-7, 5-7, 15-13.
La rencontre dure : 6 heures et 43 minutes.
Elle reste le plus long match de simple de l’histoire de la Coupe Davis.

2018 : la Coupe Davis décide de changer
Pendant plus d’un siècle, une grande partie de l’identité de la compétition repose sur une idée simple : une nation reçoit l’autre.
Le public local.
La surface choisie par le pays hôte.
Une rencontre répartie sur plusieurs jours.
Des déplacements tout au long de la saison.
Mais ce modèle doit composer avec l’évolution du tennis professionnel.
Le calendrier s’est densifié.
Certains des meilleurs joueurs participent de façon irrégulière.
L’ITF cherche une réforme capable de rendre la compétition plus compacte et sa phase finale plus identifiable.
Le 16 août 2018, une transformation profonde est soumise au vote.
Elle est adoptée avec 71,43 % des voix.
2019 : Madrid et une Coupe Davis méconnaissable
La première nouvelle formule apparaît en 2019.
Une grande phase finale est organisée à Madrid.
18 nations sont réunies sur un même site.
Les longues confrontations historiques sont remplacées par des duels constitués de :
deux simples ;
un double ;
tous disputés au meilleur des trois sets.
L’Espagne de Rafael Nadal remporte cette première édition des Finals face au Canada.
L’objectif de la réforme est clair : concentrer l’attention, faciliter la présence des meilleurs joueurs et créer un événement final beaucoup plus compact.
Mais le changement fait aussi disparaître une grande partie de ce qui avait construit l’imaginaire de la Coupe Davis.
Une compétition qui cherche encore son équilibre
Le format de 2019 n’est d’ailleurs pas resté figé.
La Coupe Davis continue d’évoluer.
En 2022, le Final 8 apparaît à Malaga.
Puis la compétition change encore.
En 2025, un système de qualifications en deux tours est introduit et la phase finale déménage en Italie.
Les rencontres domicile/extérieur retrouvent ainsi davantage de place avant le Final 8.
La Coupe Davis actuelle ne correspond donc pas simplement à une « nouvelle formule » remplaçant définitivement l’ancienne.
Elle continue de chercher un compromis entre deux objectifs :
conserver une grande phase finale identifiable tout en retrouvant une partie de l’expérience historique du domicile et de l’extérieur.
Comment fonctionne la Coupe Davis aujourd’hui ?
Les confrontations de qualifications dites domicile / extérieur se jouent sur deux jours.
Jour 1
Deux matchs de simple.
Jour 2
Un double, puis jusqu’à deux simples.
La première nation qui obtient trois victoires remporte la rencontre.
Lors des événements disputés sur un même site, dont le Final 8, chaque confrontation comporte seulement :
deux simples ;
un double.
Le Final 8 réunit huit nations et se dispute sur six jours.
Coupe Davis 2026 : Canada – France, direction Québec
Pour la France, la prochaine étape se déroulera au Canada.
Canada – France
18 et 19 septembre 2026 Centre Vidéotron, Québec
Le vainqueur de cette confrontation se qualifiera pour le Final 8 de Bologne, organisé du 24 au 29 novembre.
La rencontre se disputera au meilleur de cinq matchs, chacun joué au meilleur des trois sets.
Vendredi 18 septembre
2 simples à partir de : 17 h, heure locale
Samedi 19 septembre
Un double puis jusqu’à deux simples à partir de : 14 h, heure locale
Si la confrontation est déjà décidée, le dernier simple pourra ne pas être disputé.
L’équipe de France
La sélection française a évolué depuis sa première annonce. Arthur Fils, initialement retenu, a finalement déclaré forfait.
Paul-Henri Mathieu, capitaine dispose désormais de cinq joueurs :
Arthur Rinderknech, Quentin Halys, Benjamin Bonzi, Luca Van Assche, Pierre-Hugues Herbert
La FFT confirme cette composition dans sa dernière sélection officielle.
Le Canada à domicile
Le Canada a également dû modifier son équipe. Gabriel Diallo, initialement sélectionné, a déclaré forfait en raison d’une blessure à la jambe.
Frank Dancevic, capitaine dispose finalement de : Félix Auger-Aliassime, Liam DraxlDuncan, Chan Keegan Rice
Pour Félix Auger-Aliassime, la rencontre aura une dimension particulière : il a grandi dans la région de Québec et mènera l’équipe canadienne devant son public.
Le Canada a remporté la première Coupe Davis de son histoire en 2022.
La France, dix fois championne, n’a plus soulevé le Saladier d’argent depuis 2017.
Plus qu’une compétition entre joueurs
En 1900, quatre étudiants de Harvard voulaient essentiellement savoir ce qui se passerait si les meilleurs Américains affrontaient les meilleurs Britanniques.
Plus de 125 ans plus tard, leur idée a largement dépassé ce simple défi.
La Coupe Davis a créé des dynasties.
Elle a fait voyager le tennis sur tous les continents.
Elle a transformé des adversaires habituels du circuit en coéquipiers.
Elle a permis aux nations de choisir leurs surfaces comme de véritables armes tactiques.
Elle a contribué à la construction du stade Roland-Garros.
Elle s’est retrouvée confrontée aux tensions politiques de son époque.
Elle a transformé des stades de football, des palais omnisports et des arenas en courts de tennis éphémères.

Elle a produit des matchs de près de sept heures.
Elle a offert des cinquièmes rencontres dans lesquelles un joueur, pendant quelques heures, portait presque littéralement le poids sportif de son pays.
Et elle a tellement changé de format que plusieurs générations peuvent aujourd’hui avoir l’impression de ne pas parler exactement de la même compétition lorsqu’elles évoquent « leur » Coupe Davis.
Le Saladier d’argent, lui, reste là.
Au début du XXe siècle, c’était un simple bol.
Puis il a fallu lui ajouter un plateau.
Puis des socles.
Encore et encore, pour que chaque nouvelle nation championne puisse laisser son nom à côté des précédentes.
Pour aller plus loin
L’histoire de la Coupe Davis croise celle de nombreux tournois, champions et grandes évolutions du tennis. Pour poursuivre la lecture :
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