Le Queen’s : tournoi, histoire, lieu, prestige
- Balle de Break Collection

- 18 juin
- 4 min de lecture
Le Queen’s fait partie des tournois qui comptent plus que leur catégorie. Son poids vient à la fois du gazon, de Londres, de son ancienneté, et de sa place très particulière dans le calendrier. Pour beaucoup de joueurs, cette semaine marque la vraie entrée dans la saison sur herbe. Pour beaucoup d’amateurs, elle donne aussi le premier grand visage de Wimbledon, une quinzaine avant l’heure. Aujourd’hui, le tournoi se présente sous le nom de HSBC Championships, avec une semaine WTA 500 puis une semaine ATP 500 au Queen’s Club, à West Kensington, à Londres.

1. Un tournoi ancien, enraciné dans les années 1880
L’histoire du Queen’s commence avant son installation au Queen’s Club. Le tournoi se joue d’abord à Stamford Bridge entre 1884 et 1889, avant de s’installer au Queen’s Club en 1890. Cette chronologie donne tout de suite le ton : le Queen’s appartient au vieux paysage du tennis britannique, bien avant l’ATP Tour et bien avant le format moderne des circuits.
Cette ancienneté explique une part essentielle de son prestige. Le Queen’s n’a jamais eu besoin de se fabriquer une histoire. Il la porte depuis ses origines. C’est aussi pour cela qu’il conserve une résonance particulière dans le tennis britannique : il relie le gazon contemporain à une tradition anglaise beaucoup plus ancienne, celle des clubs, des pelouses, et du tennis d’été à Londres.

2. Le Queen’s Club
Le tournoi doit beaucoup à son site. Le Queen’s Club ouvre en 1887 sur un terrain d’environ 4,5 hectares, à West Kensington. Le club porte le nom de la reine Victoria, sa première marraine. Il reste aujourd’hui l’un des grands clubs historiques du tennis britannique.
Le lieu a d’ailleurs une histoire sportive plus large que le seul tennis. Le Queen’s Club accueille dans ses premières décennies plusieurs grands rendez-vous londoniens, et le site participe aussi à l’histoire des Jeux olympiques de Londres 1908. Cet arrière-plan compte dans l’identité du tournoi. Au Queen’s, on joue sur gazon dans un lieu déjà chargé d’une mémoire sportive britannique très dense.

3. Pourquoi le Queen’s pèse autant dans la saison sur gazon
Le Queen’s occupe une place très claire dans le calendrier : il ouvre le grand mouvement vers Wimbledon. Cette position lui donne une importance sportive immédiate. Les joueurs y retrouvent les appuis du gazon, le rebond plus bas, la vitesse de balle, les premières frappes plus décisives, et un rapport différent au service, au retour et au placement.
Le tournoi sert aussi de révélateur très crédible. Depuis 1979, John McEnroe, Jimmy Connors, Boris Becker, Pete Sampras, Lleyton Hewitt, Rafael Nadal, Andy Murray — à deux reprises — et Carlos Alcaraz ont remporté le Queen’s puis Wimbledon la même année. Cette série dit très bien ce qu’est le tournoi : un grand test de gazon, capable de désigner des favoris sérieux pour les Championships.
4. Le tournoi masculin : une grande scène du tennis sur herbe
Le Queen’s masculin appartient aujourd’hui à la catégorie ATP 500. Son palmarès suffit à montrer son niveau : McEnroe, Becker, Sampras, Hewitt, Nadal, Murray, Berrettini, Alcaraz y ont tous laissé une trace forte. Le tournoi garde ainsi une identité très nette : celle d’un grand rendez-vous de gazon, souvent dominé par des joueurs dont le jeu s’accorde naturellement à cette surface.
La grande figure du tournoi reste Andy Murray. Il y a remporté 5 titres en simple — 2009, 2011, 2013, 2015, 2016 — ainsi qu’un titre en double en 2019, soit 6 titres au total. Ce poids symbolique a conduit à rebaptiser le court central : il porte désormais le nom d’Andy Murray Arena.

5. Le retour du tournoi féminin : un changement majeur
Le grand virage récent du Queen’s, c’est le retour du haut niveau féminin.
En 2025, le tournoi accueille de nouveau une épreuve WTA 500, après plus de cinquante ans d’absence d’un événement féminin de niveau Tour au Queen’s. Cette décision change beaucoup de choses dans la lecture du tournoi, parce qu’elle lui donne une nouvelle ampleur et l’inscrit dans une logique de grande séquence londonienne sur deux semaines.
La première championne de cette nouvelle ère est Tatjana Maria, victorieuse en 2025 face à Amanda Anisimova. Ce succès lui donne une place immédiate dans l’histoire récente du Queen’s, puisque son nom reste attaché au retour du tournoi féminin au plus haut niveau.

6. Un tournoi qui grandit sans perdre sa nature
Depuis 2025, HSBC est le sponsor titre du tournoi. L’événement s’organise désormais sur deux semaines, avec une semaine femmes puis une semaine hommes.
En 2026, le format annoncé reste clair : WTA du 8 au 14 juin, puis ATP du 15 au 21 juin. Cette structure donne au Queen’s une autre dimension, plus large, plus visible, plus cohérente dans la saison londonienne sur herbe. Son format moderne lui apporte de la force supplémentaire sans brouiller son identité.
7. Les chiffres à retenir
Voici les repères les plus utiles pour situer le Queen’s :
premières éditions à Stamford Bridge de 1884 à 1889
installation au Queen’s Club en 1890
ouverture du Queen’s Club en 1887
lieu : West Kensington, Londres
surface : gazon extérieur
catégorie actuelle : ATP 500 / WTA 500
sponsor titre actuel : HSBC depuis 2025
retour du tournoi féminin de niveau Tour : 2025
plus grand champion du tournoi : Andy Murray, avec 5 titres en simple et 1 titre en double
champion masculin 2025 : Carlos Alcaraz
championne féminine 2026 : Donne Vekić
édition 2026 : WTA du 8 au 14 juin, puis ATP du 15 au 21 juin

Conclusion
Le Queen’s tient une place à part parce qu’il rassemble des éléments rares : un club historique, une vraie culture du gazon, une proximité immédiate avec Wimbledon, et une continuité de prestige qui traverse les générations.
Ce qui fait du Queen’s l’un des tournois les plus reconnaissables du circuit. Masters de Rome - Internazionali BNL d’Italia : histoire, lieu, statut, mutations et chiffres clés




Commentaires